Au cœur du Northland - Sawmill Brewery

Au cœur du Northland - Sawmill Brewery

Nouvelle ville, nouvelle vie. Après avoir quitté Auckland fin juillet et parcouru en van une partie de l’île du Nord pendant 3 semaines, je m’installe dans la ville la plus liée au mouvement craft beer en Nouvelle-Zélande : Wellington. Mon arrivée étant encore très récente, je consacrerai un (et surement plusieurs) article(s) à Wellington dans les prochaines semaines. J’ai besoin d’un peu de temps pour m’imprégner de l’atmosphère de la ville et pour découvrir les bars et brasseries environnantes. 

Je profite donc de cet article pour revenir sur ma visite de la brasserie Sawmill, située dans le Northland et plus précisément à côté du village de Matakana. Comptez une petite heure pour vous y rendre en voiture depuis le centre d’Auckland. Je quitte donc AKL au milieu de l’hiver Néo-Zélandais (et oui, le mois de juillet est bien synonyme d’hiver dans cette partie de l'hémisphère) pour rejoindre la brasserie Sawmill le temps d’un après-midi.

La State Highway 1 reliant Auckland à Warkworth est plutôt calme et agréable, mais c’est en empruntant la Matakana Road menant à la brasserie que je retrouve enfin les paysages Néo-Zélandais qui me plaisent tant. Une petite route sinueuse, perdue au milieu des collines, des champs et des fermes disséminées tout au long du chemin. Il pourrait paraître totalement improbable de trouver une brasserie au bout de cette route, c’est pourtant bien le cas. C’est ainsi que se dévoile la fameuse Sawmill Brewery, au détour d’un dernier virage. 

sawmill.oct16.1055.jpg

La brasserie, en partie visible depuis le parking, paraît plutôt vaste. Je contourne l’arrière du bâtiment pour rejoindre l’entrée destinée aux clients. Accueilli avec le sourire et la chaleur traditionnelle des Kiwis, j’explique venir d’Auckland spécialement pour visiter la brasserie, rencontrer les personnes y travaillant et échanger quelques mots si possible. Je fais ainsi la rencontre de Maayke Reidsma, marketing manager chez Sawmill, qui se propose de me faire découvrir les lieux.

La visite débute donc par un petit historique de la brasserie. Celle-ci est créée en 2004 dans le village de Leigh mais prendra réellement son envol quelques années plus tard sous l’impulsion de Mike Sutherland et Kirsty McKay, les deux propriétaires actuels. Le couple décide en 2008 de venir s’installer à Leigh et de racheter la brasserie, alors située à deux pas du café Sawmill. Mike et Kirsty passèrent ainsi les premiers mois à réaliser de multiples brassins, à tester, à échouer, à apprendre puis recommencer. Le phénomène craft beer étant, à l’époque, principalement restreint aux villes de Nelson (Île du Sud) et Wellington (Île du Nord), le couple profita de ce relatif isolement pour peaufiner leurs recettes tout en évitant au maximum les influences extérieures. Et grand bien leur en a pris, car ils remportèrent en 2012 une médaille d’or aux NZ Beer Awards, ce qui les incita à persévérer dans cette direction et à agrandir la production. C’est ainsi qu’ils déménagèrent de Leigh en février 2016 pour rejoindre Matakana et y installer ce qui deviendra la brasserie actuelle.

23856E02-5F21-42B1-AE39-5A20B98E3370.JPG

Suite à ce petit historique, Maayke me présente les lieux ainsi que les deux grandes catégories qui composent leur gamme :

- La “core range” correspondant aux bières classiques brassées tout au long de l’année (on y retrouve une Pilsner, une Pale Ale, une IPA, une XPA…)

- Les “seasonal beers” qui sont brassées, comme leur nom l’indique, en fonction des saisons. C’est ainsi que sont nées, entre autres, une Belgian Ale, une Chocolate Stout, une Brown Ale ou encore une Red IPA. 

Ces deux catégories sont facilement différenciables grâce aux étiquettes apposées sur les bouteilles / cannettes. La core range bénéficiant d’une étiquette noire et sobre, les seasonal beers arborant quand à elles une étiquette plus colorée, permettant de les distinguer aisément. 

xpa.jpg

La visite se poursuit et je rencontre Scott, un des brasseurs, avec qui j’ai l’occasion de discuter de la place qu’occupe la craft beer en Europe et tout particulièrement en France. Il m’explique qu’il est prochainement prévu d’agrandir les lieux afin d’augmenter la capacité de production totale de la brasserie, même si celle-ci dépasse actuellement le million de litres par an. La demande explose, la salle de stockage des fûts est devenu trop petite, ils se retrouvent parfois dans l’obligation de faire venir un camion frigorifique afin de stocker une partie de la production dans un autre entrepôt. La rançon du succès, en quelque sorte ! 

710F0AD8-413E-4142-9F0D-1142479C432D.JPG

Je me dirige ensuite vers le comptoir et ses 15 tireuses, proposant à la pression l’intégralité de la gamme Sawmill. Il est également possible d’y acheter des bouteilles et canettes à emporter, ainsi que de remplir différentes tailles de growlers. Pour la consommation sur place, vous avez le choix entre demi, pinte ou “tasting tray” de 5 bières, que vous dégusterez dans la “Smoko Room”. La Smoko Room ? C’est le nom donné à la partie “Bar/Restaurant” de Sawmill, un lieu à l’ambiance rustique-moderne, entièrement habillé de bois et imaginé par les artistes Mike Petre et Rachel O’Malley. Maayke m’explique que ce nom est directement inspiré d’une expression néo-zélandaise : “I’m going for a smoko”, qui signifie tout simplement prendre une pause.

C153EF42-2ACB-4F59-925D-94D6437F3D64.JPG

Le lieu est chaleureux et convivial. Lors de mon passage j’y croise à la fois deux jeunes couples, côtoyant une famille et leur nouveau-né, deux amies en pleine discussion ainsi qu’un groupe de séniors, venus terminer l’après-midi autour d’une bonne bière. C’est d’ailleurs cette capacité à rassembler les générations qui me rappelle à quel point une taproom n’est pas uniquement un endroit où l’on peut boire une bière. C’est un lieu de partage, de vie, d’histoires et de relaxation. Cette fameuse Smoko Room, Sawmill ne la considère pas comme un simple bar ou un restaurant, mais plutôt comme un endroit où il est possible de se laisser aller, loin des tumultes de la vie, à simplement discuter autour d’une craft beer et d’un bon repas.

BDD42789-CF7A-4BAA-BE5A-12E8105FDB96.JPG

Les plats affichés à la carte ont tous l’air plus succulents les uns que les autres. Entre légumes, poissons, boeuf, huîtres ou agneau braisé, on est loin des cartes classiques de pubs néo-zélandais ! Les produits sont de saison et issus de filières locales quand c’est possible. Le service est parfait et j’ai du mal à résister au gâteau accompagné de sa mousse à la Stout au chocolat... Je reste sage et me décide pour la Session IPA, plutôt bien réalisée, avec une bonne balance entre douceur et amertume et faisant vite oublier ses petits 3,7%. Je passe ensuite à la Grapefruit Sour, qui fait le job sans pour autant me marquer plus que ça, son acidité étant toute relative. 

92F36978-4D41-4C22-AE25-CB19B78BCBE2 2.JPG

Il est déjà 17h et je dois reprendre le volant. La dégustation s’arrête donc là pour moi, alors qu’il est temps de rejoindre Auckland. Je quitte la brasserie le sourire aux lèvres, heureux d’avoir eu l’occasion de visiter ce lieu au charme si particulier. Mais je sais que ce n’est pas un adieu : j’ai déjà pour projet de revenir y faire un tour, en été cette fois-ci. Le jardin sera ainsi ouvert et je pourrai profiter de la terrasse au soleil pour goûter les nouveautés de Sawmill. Il ne me reste juste qu’à trouver un chauffeur pour m’y emmener, car je n’ai pas prévu de me contenter de deux demis la prochaine fois ! 

Sawmill Brewery
1004, Leigh Road
Matakana 0985

 

 

 

Bangkok sous le signe de la bière artisanale

Bangkok sous le signe de la bière artisanale

Retour sur le GABS Festival 2018 d'Auckland

Retour sur le GABS Festival 2018 d'Auckland